D’après le dictionnaire en ligne Larousse, artificiel signifie « Produit par le travail de l’homme et non par la nature ».
Synonymes d’artificiel : factice, faux.
Antonymes d’artificiel : naturel, réel.
Temps de lecture : 11 minutes
L’intelligence artificielle porte bien son nom
Pour bien démarrer cet article, il est nécessaire de comprendre comment fonctionnent les intelligences artificielles. La première information à comprendre est que les intelligences artificielles s’appellent ainsi pour une bonne raison ! Lorsqu’on communique avec une IA, on peut vite oublier qu’il s’agit d’une machine qui ne réfléchit pas vraiment. Pourtant, si on l’appelle « artificielle », c’est bien parce qu’elle est faussement intelligente.

Les degrés de complexité des IA
Il existe de nombreux types d’intelligences artificielles. Certaines, très simples, servent à trier vos emails. Les plus complexes peuvent créer des vidéos incroyablement réalistes, comme en témoignent celles sorties tout droit de Seedance 2.0.
Exemples d’intelligences artificielles de la plus simple à la plus complexe :
- Le thermostat qui s’allume lorsque la température baisse
- Le filtre antispam d’une boîte mail
- Les recommandations Netflix en fonction des visionnages
- La reconnaissance vocale qui change la voix en texte
- Les itinéraires Waze qui varient selon la circulation
- La reconnaissance faciale pour déverrouiller un smartphone
- La détection de tumeurs avant leur développement
- La traduction automatisée d’une langue à l’autre
- La génération de textes à partir de consignes
- L’analyse d’une image et sa description écrite
Comment fonctionne une intelligence artificielle ?
On pourrait résumer une intelligence artificielle en disant qu’elle « apprend » en lisant des milliards de phrases (tout du moins les IA capables de générer du texte à partir de consignes). L’intelligence artificielle regarde comment les mots s’enchaînent et retient les modèles. Ensuite, lorsqu’une personne lui donne un début de phrase, elle calcule quel mot a le plus de chances de venir après. Puis encore le suivant, et ainsi de suite. En réalité, elle ne « comprend » pas comme un humain. Elle prédit juste le mot le plus probable, mais, comme elle a vu énormément de textes, le résultat ressemble à une réponse intelligente.
Y a-t-il des risques à écrire avec l’intelligence artificielle ?
Écrire avec l’intelligence artificielle fait perdre des lecteurs
Si vous écrivez pour un site, oui, rédiger avec l’intelligence artificielle comporte des risques ! Le tout premier risque est de voir vos lecteurs prendre la fuite et de perdre leur confiance. Neil Patel a mené l’enquête : lorsqu’un contenu est étiqueté IA, le temps de lecture diminue de 50 % !
Cette statistique est d’autant plus frappante que les articles étiquetés IA pour l’enquête étaient en réalité écrits par des rédacteurs. Si vos lecteurs pensent que vous écrivez avec l’intelligence artificielle, les chances de les perdre sont importantes.
Les IA sont faillibles
Les intelligences artificielles se trompent. Et il ne s’agit pas de quelques erreurs ci et là, mais bien d’un nombre d’erreurs considérable. Une étude menée sur ChatGPT, qui est l’IA la plus utilisée en France selon Statcounter, le démontre, et les résultats sont éloquents :
- GPT-3.5 : 39,6 % de taux d’hallucination
- GPT-4 : 28,6 % de taux d’hallucination
- Bard : 91,4 % de taux d’hallucination
Cela représente plus d’une erreur sur quatre au minimum ! Si cette analyse réalisée par le JOMIR porte uniquement sur ChatGPT, d’autres outils d’intelligence artificielle ont été analysés et les résultats sont globalement similaires : jusqu’à 94 % d’erreurs. De quoi y réfléchir à deux fois avant de publier du contenu généré par intelligence artificielle sur son site Internet.
Les intelligences artificielles sont influencées
Les IA génératives comme ChatGPT sont programmées pour dire ce que nous voulons entendre. Écrire avec l’intelligence artificielle cause une absence de neutralité qui peut devenir véritablement problématique dans la rédaction : en occultant volontairement certains points de vue, les IA contribuent à un biais de confirmation, alimentant les chambres d’écho et favorisant la propagation de fake news ou de récits partiels.

La sécurité des données
Vous devez tenir compte de la sécurité des informations personnelles et professionnelles lorsque vous vous demandez s’il est pertinent d’écrire avec l’intelligence artificielle, car les IA ne possèdent pas d’éthique.
L’exemple le plus frappant est récent : de nombreuses conversations de ChatGPT ont été rendues publiques sur le web. BBL l’explique d’ailleurs très bien : il est tout à fait inacceptable que des informations des clients soient sur internet sans leur accord. Au-delà de la question éthique de la sécurité des données, les conséquences peuvent être terribles pour les entreprises qui utilisent les intelligences artificielles sans formation.
Récemment, des salariés de Samsung ont collé du code source propriétaire et des comptes rendus de réunions dans ChatGPT pour demander des corrections ou des résumés. Ces requêtes ont exposé des informations confidentielles (code de semi‑conducteurs, modèles de test, notes internes) extrêmement sensibles qui ont coûté cher à l’entreprise.
L’IA affaiblit l’effort créatif
Moins de stimulation, moins d’originalité
Une étude du MIT Media Lab démontre que l’usage de l’intelligence artificielle réduit drastiquement l’activation cérébrale pendant l’écriture : le cerveau est moins sollicité lorsque la machine prend en charge la tâche. Cette baisse d’effort se traduit aussi par une mémoire affaiblie : les participants utilisant l’IA ne se souvenaient correctement des informations que dans environ 50 % des cas, contre près de 80 % pour ceux qui écrivaient seuls.
Leur sentiment d’appropriation était lui aussi beaucoup plus faible : seul 25 % du groupe ayant utilisé l’intelligence artificielle pour écrire déclarait se sentir auteur du texte, contre 75 % dans le groupe « Brain only » (ceux qui ont uniquement utilisé leur cerveau pour écrire).
Il va sans dire que les correcteurs humains notaient que les textes produits avec l’intelligence artificielle étaient moins variés et moins originaux, confirmant donc que la créativité tend à s’aplanir lorsque l’écriture est déléguée.

Une dette cognitive à long terme
Les chercheurs parlent d’une « dette cognitive » : plus on s’appuie sur l’IA pour rédiger, moins on exerce soi-même les fonctions de réflexion et de formulation. Cela pourrait s’avérer réellement problématique, car le décalage crée une dépendance progressive : l’effort est déplacé vers la machine, et le cerveau reste sous-utilisé.
Les sessions répétées de l’étude ont montré que les participants qui commençaient à écrire avec l’intelligence artificielle avaient du mal à réengager pleinement leurs capacités lorsqu’ils repassaient à l’écriture sans aide. Autrement dit, déléguer trop souvent son écriture réduit la stimulation immédiate et affaiblit la capacité à produire de façon autonome sur la durée.
Si l’étude est menée sur un échantillon restreint et dans un contexte académique précis, il n’en reste pas moins que ses résultats pointent vers un risque réel : écrire avec l’intelligence artificielle affaiblit l’effort créatif et favorise une dépendance cognitive.
Des questions éthiques se posent
Le vol de contenu
Les modèles d’intelligences artificielles textuels et visuels reposent sur le même principe : absorber d’immenses quantités d’œuvres existantes pour apprendre à produire du « neuf ». Dans le cas des images, le recyclage est visible (la trend des Studio Ghibli reste le meilleur exemple).
Pour le texte, le phénomène est plus diffus : si le modèle ne copie pas directement, il peut tout de même restituer à l’identique des extraits fréquents, ou reformuler sans citer. Dans les deux cas, l’appropriation se fait sans autorisation ni rétribution des auteurs.
L’écologie
La consommation énergétique
L’entraînement d’un modèle d’intelligence artificielle mobilise des milliers de processeurs (la partie d’un ordinateur qui interprète et exécute les instructions) fonctionnant jour et nuit, avec une dépense énergétique colossale.
Rien que l’entraînement de GPT-3 consomme environ 1 287 MWh d’électricité, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’environ 123 foyers américains ou 286 foyers français, selon Theverge.

Les quantités d’eau utilisées
Les centres de données, qui sont composés de centaines de serveurs qui entraînent et font tourner les modèles, doivent être refroidis en permanence, ce qui mobilise d’immenses volumes d’eau.
L’UCR estime que l’entraînement de GPT-3 a nécessité environ 700 000 litres d’eau douce. Pour conserver notre exemple précédent, ce volume correspond à l’eau bue par 1 000 personnes pendant un an, pour seulement quelques semaines d’entraînement.
L’empreinte carbone générée
Bien entendu, écrire avec l’intelligence artificielle a également un coût considérable en ce qui concerne l’empreinte carbone. Pour rester sur notre exemple d’entraînement de GPT-3 (afin de ne pas entrer dans le détail de la consommation d’électricité), on pourrait comparer les 280 tonnes de CO₂ libérées par 600 000 kilomètres parcourus en voiture.
L’économie
L’usage de l’IA pour rédiger soulève aussi un problème économique. Les textes générés à moindre coût concurrencent directement le travail de journalistes, rédacteurs ou traducteurs, fragilisant des professions entières, au détriment de la qualité de l’information.
Le temps, c’est de l’argent !
Écrire avec l’intelligence artificielle paraît rentable à première vue : en quelques secondes, un texte entier est généré. Mais l’illusion s’effondre dès que l’on regarde le processus réel.
Obtenir un résultat exploitable suppose de passer du temps à rédiger un premier prompt, l’ajuster et le relancer plusieurs fois, vérifier la véracité des informations, corriger les tournures, supprimer les répétitions et parties inutiles, réécrire pour retrouver un minimum de style personnel, et ainsi de suite. Autrement dit, ce qu’une personne pense gagner en argent grâce à l’automatisation est perdu en heures de contrôle et de correction. Or, le temps reste la ressource la plus coûteuse. À cela s’ajoute une limite stratégique : l’IA ne maîtrise pas les règles du référencement naturel.
Les intelligences artificielles et le SEO font rarement bon ménage
L’intention est le cœur du métier de rédacteur SEO
Les intelligences artificielles ne comprennent pas grand-chose au SEO. Bien sûr, une IA connaît la théorie. Mais si le métier de rédacteur web SEO est si important, c’est parce qu’il repose principalement sur l’intention des internautes. Or, comme expliqué au tout début de cet article, les intelligences artificielles génératives ne sont qu’une suite de 1 et de 0 cherchant à prédire le mot suivant. Elles comprennent peu l’intention des utilisateurs.
Les IA ignorent les mots-clés recherchés
Un mot-clé est une requête qu’un utilisateur fait sur le web. Dans 30 % des cas, un mot-clé tapé dans un moteur de recherche est écrit pour la toute première fois. L’intelligence artificielle ignore si un mot-clé est souvent recherché par les internautes, s’il sera difficile d’avoir des résultats dessus ou s’il répond bien à l’intention de recherche.
Exemple
J’ai donné la consigne suivante à ChatGPT : « Je veux écrire un article sur les champignons. Donne-moi des mots-clés pour mon SEO. »
Voici sa réponse :

Dans un premier temps, l’outil ne cherche pas à savoir de quoi je veux parler. Comment repérer des champignons comestibles ? Des recettes à base de champignons ? Dans quelles régions trouve-t-on le plus de champignons ?
Si, déjà, l’IA ne cherche pas à comprendre mon intention, comment pourrait-elle comprendre l’internaute ?
Même lorsque je lui précise que je veux des mots-clés pour rédiger un article sur les régions où l’on trouve le plus de champignons, les réponses sont inadaptées :

Sur les 10 mots-clés proposés, un seul est souvent recherché par les internautes : « massifs forestiers ». Cependant, si je rédige un article sur les régions concentrant le plus de champignons, il est extrêmement peu probable qu’un internaute cherche ce sujet en tapant « massifs forestiers » sur le web.
Écrire avec l’intelligence artificielle donne des résultats plutôt médiocres
Même lorsque le mot-clé est donné à l’IA pour qu’elle puisse rédiger un article qui correspond à une consigne plus précise, les performances restent très faibles.
Pour être précis, les articles rédigés par des êtres humains obtiennent 5,44 fois plus de trafic que les articles écrits avec une intelligence artificielle. Cette information nous vient de Neil Patel, déjà mentionné plus haut, qui démontrait que les lecteurs soupçonnant une rédaction faite par IA lisent moins.
Cela signifie que, pour obtenir les performances d’un seul article écrit par un être humain, il faudrait produire environ 5,5 articles avec l’intelligence artificielle !
Ce qui nous ramène à la partie précédente : le temps, c’est de l’argent. Faire appel à un rédacteur web SEO est un choix à la fois éthique et économique.
Cet article a été rédigé par Elisa JEBARO et mis à jour par Philippine SIKORA.

À propos de l’autrice
Elisa JEBARO est une rédactrice SEO spécialisée en conversion. Depuis Nantes, elle lie ses compétences d’ancienne vendeuse avec celles de la rédaction SEO. Si vous souhaitez faire appel à ses services de rédaction, n’hésitez pas à nous contacter.

Philippine est une linguiste française qui vit en Irlande depuis plus de 10 ans. Elle est traductrice et rédactrice SEO, ainsi que lectrice-correctrice. Philippine met à disposition son amour et ses connaissances de la linguistique ainsi que son expertise en digital marketing et en SEO.
Son objectif : vous aider à vous faire connaître.


